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1974 Le but en or massif de Gerd Müller

Le 15 aout 2021 Gerd Müller a définitivement quitté sa surface de réparation et la planète football… Tout là-haut, il y a forcément une galaxie qui ressemble à une surface de but, son étoile est un ballon, il a certainement déjà trouvé le chemin des filets…

Pour moi c’est l’une des grandes légendes du Bayern de Munich, une grandes de mes légendes ! Si je remonte dans mes souvenirs je l’ai découvert lors de finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1974. C’est la première que j’ai vue en direct à la télévision, j’avais 11 ans et pas encore de télévision l’année d’avant ! Le genre de match que l’on n’oublie pas et qui reste gravé dans la mémoire d’un enfant, le match qui fera définitivement un supporter du club Bavarois, mais c’est une autre histoire. Ce match contre l’Atlético de Madrid qui se termina après prolongation sur le score nul (1-1) est historique, car cas unique la finale va être rejouée. En effet, la séance de tirs au but, ajoutée aux Lois du Jeu par le Board en 1970, ne s’applique pas encore dans cette compétition. Le soir de la première finale, Gerd Müller n’avait pas marqué, mais deux jours plus tard lors de la finale rejouée, non télévisée, il avait scoré deux fois, La première après un contrôle aérien et une frappe en angle très fermé, le second d’un lob somptueux à l’entrée de la surface. Uli Hoeness qui deviendra manager puis président du Bayern avait mis les deux autres buts !

Mon deuxième souvenir de cette légende, qui portait le numéro 13 lors de la Coupe du monde de 1974, c’est la fameuse finale Pays-Bas-RFA (République Fédérale Allemande). Menés dès la première minute, suite à la percée légendaire de Johan Cruyff (le numéro 14 !), les Allemands vont prendre l’avantage juste avant la pause avec un but « à la Müller ». Il rôdait comme toujours dans la surface de réparation. Dos au but il s’est réorienté vers le but toujours trop vite pour les défenseurs et a visé la cible. Comme trop souvent le ballon est passé entre les jambes du défenseur et hors de portée du gardien de but. Pas un but extraordinaire juste un but qui compte et qui franchi la ligne comme aimait le rappeler Gerd Müller !

Un but en or massif qui a assommé le « Football Total » mis en musique par Rinus Michels, pourtant la meilleure équipe du tournoi à 16 équipes à l’époque.

Un but en or massif le dernier du match et de la Coupe du monde !

Un but en or massif son 14ème en coupe du monde pour le « Bomber der nation » ! Un record battu par Ronaldo en 2006 (15 buts) puis par Miroslav Klose en 2014 (16 buts).

Un but en or massif son dernier avec l’Allemagne, son 68e en 62 sélections ! Ensuite, à seulement l’âge de 29 ans, il refusera d’être sélectionné… car les femmes, donc la sienne, n’étaient pas conviées pour fêter la victoire en coupe du monde !

Je l’ai revu jouer deux fois lors des deux finales de Coupe d’Europe suivantes gagnées, arrachées plutôt, par le Bayern. D’abord face à Leeds face au Parc des Prince, Muller avait marqué en fin de match, en une touche de balle, en coupant à la vitesse de la lumière un centre au premier poteau. Ensuite contre Saint-Étienne à Glasgow, il était resté muet ce soir-là !

Très peu de matchs étaient télévisés à l’époque et jamais de la Bundesliga. Dans mes souvenirs beaucoup de résumés de matchs où il marquait très souvent, et toujours dans la surface de réparation, son royaume. Il faut toujours se méfier de sa mémoire qui déforme les choses mais 50 ans plus tard les chercheurs de l’école supérieure des sports de Cologne ont montré que le plus grand avant-centre de l’histoire ne parcourait pas plus de 3,5 km en 90 minutes lors de certains matchs. Toujours le premier pour s’arrêter, lors des séances de footing qu’il détestait, je n’ai pas non plus de chiffre sur sa VMA ou ses tests physiques. Oui il s’économisait… Lors de ses débuts au Bayern, ses entraineurs l’ont surnommé « le gros », mais très vite, il a toujours été titulaire. Archétype des joueurs des années 60 & 70 « petit et court sur pattes », en réalité pas si petit que cela ! Il était surtout puissant (des cuisses énormes), ultra rapide sur 10 mètres, un sens incroyable du placement et du déplacement dans les petits espaces, une rapidité d’exécution, une précision chirurgicale, des deux pieds et de la tête…

Pour Franz Beckenbauer c’est le joueur le plus important de l’histoire du Bayern, celui grâce à qui tout à commencer, dès son arrivée en 1964 ! En 1972, l’année ou l’Allemagne est championne d’Europe et le Bayern Champion d’Allemagne, il avait inscrit 85 buts ! Il faudra attendre 30 ans pour voir Lionel Messi inscrire 91 buts en 2012. Lors de la saison 1971-1972, il avait aussi marqué 40 buts en Bundesliga un record qui tiendra jusqu’à la saison 2020 et les 41 buts de Robert Lewandowski… avec le même club ! 

D’autres records ne sont toujours pas battus, ses 7 couronnes de meilleur buteur du championnat et surtout ses 365 buts dans cette Bundesliga ! Je l’ai rarement vu jouer et pourtant ce mythe a bercé mon enfance sur nos terrains de jeux il y avait toujours un gamin qui jouait le rôle de Müller et un autre celui de Sepp Maier dans les buts.

Loin du « FC Hollywood », ses anciens partenaires lui ont offert une seconde vie, en tant qu’entraineur adjoint de l’équipe réserve… une vraie bouée de sauvetage pour cette légende du club.

Il reste le dernier joueur avoir marqué au moins 10 buts en une seule coupe du monde. C’était en 1970 et il terminera la saison avec la récompense suprême : le ballon d’or.

Merci l’artiste.

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