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Le Messi numéro 30 est arrivé !

Numéro 10 avec le maillot de Barcelone et en sélection Argentine, Lionel Messi, vient de changer, de club, de numéro, d’identité et d’âme…

L’histoire retiendra que le dimanche 29 août, Lionel Messi a fait vibrer le Stade Auguste Delaune juste en foulant la pelouse… pendant 15 minutes. Trois ballons d’or dans chaque jambe… ça fait vraiment beaucoup de bruit ! Un pied de nez à l’histoire, tant le grand stade de Reims est lié au grand Real de Madrid des années 50. Deux finales communes autant de victoire du Real, qui a remporté les 5 premières Coupe D’Europe des Clubs Champions… dont une avec Raymond Kopa, le premier ballon d’or français, qui venait de Reims.

Donc le 29 août, le Messi numéro 30 est arrivé ! Mais pourquoi ne pas avoir déplacé le match le 30…

Lionel Messi a donc changé de maillot… le terme est faible. Il a changé de peau, ce que confirme le subtil dessin de Faro en dernière page de l’équipe du 31 août.  Messi, MBappé et Neymar sont sous la douche, personne ne tombe du bateau, mais les couleurs de Barcelone restent tatoueées sur la peau de Messi ! Non « Même en frottant ça ne part pas ? » comme le fait dire Faro à MBappé ! Rien sur la peau de Neymar, ni sur celle de MBappé, même pas un imprimé éphémère de Barcelone ou du PSG… toute la différence avec une icône et des joueurs qui ont seulement marqué l’histoire de leur club d’adoption.

Mais revenons à nos moutons… à nos numéros ! Messi porte donc le numéro 30… un numéro qu’il portait dans ses jeunes années. Dans toutes les images de ma mémoire, sa peau raillée de bleu et rouge ou de blanc et bleue est flockée du numéro 10. Difficile de ne pas associer Messi avec son club et sa sélection nationale sans ce fameux numéro 10. Le 10, dans la mémoire collective, est associé au plus grands Pelé, Maradona, Zico, Platini, Zidane… mais le 30 ? C’est le numéro des gardiens, du troisième gardien en sélection, et le quatrième en club ? Les autres gardiens ont été obligé de choisir le 1, le 16 ou le 23 !

Pour ceux qui ont vraiment beaucoup de mémoire, Alain Giresse, 1m63, à un jour joué dans les buts, le 7 mai 1982, sans les gants … mais Messi ? Pas de panique le PSG a demandé une dérogation, pour le sextuple ballon d’or, pour jouer sur le terrain avec le 30 !

La petite histoire des maillots numérotés

Tous les joueurs ont aujourd’hui des maillots numérotés permettant facilement de les identifier de dos, de les distinguer, mais cela n’a pas toujours été le cas.

Les premiers maillots flockés apparurent en 1928 dans le championnat anglais. Lors de la Finale de la Cup en 1933 entre Everton et Manchester City, chaque joueur portait un numéro différent : du 1 au 11 pour Everton et du 12 au 22 pour City. Cette pratique se diffusera lentement, il faut attendre la saison 1939-1940 en Ligue anglaise pour leur adoption définive.

En France, 15 ans plus tard lors de la finale de Coupe de France le 10 mai 1948, les Lensois portaient un numéro sur leur maillot contrairement aux Lillois (victoire de Lille, 3 buts à 2). Conformément à la demande du Conseil Fédéral, en 1977 la Commission Centrale de l’Arbitrage (C.C.A) insiste pour qu’il soit fait une application rigoureuse du numérotage des joueurs dans toutes les compétitions car elle regrette que ce ne soit pas encore appliqué dans certaines ligues.

La tradition du non numérotage perdurera jusqu’en 1994 en Écosse. Le celtique de Glasgow surnommé les « Lions de Lisbonne » vainqueurs de la coupe d’Europe le 25 mai 1976 contre l’Inter de Milan d’Helenio Herrera, jouaient avec un maillot vierge rayé vert et blanc ; pas d’écusson pas de numéro dans le dos ce dernier était inscrit en noir sur les shorts blancs !

La numérotation est absente lors des trois premières Coupe du monde (1930, 1934 et 1938) et apparaît en 1950 lors de la quatrième édition au Brésil. Pour les Coupes d’Europe, il faut encore patienter 25 ans, le numérotage des maillots dans le dos apparaît en 1975

Chaque joueur doit être identifiable par un numéro flocké sur son maillot, correspondant à celui inscrit sur la feuille de match. Les numéros 12, 13 puis le 14 stigmatisent les remplaçants comme c’est encore bien souvent le cas aujourd’hui en amateur. Mais en professionnel, le joueur se voit attribuer pour l’ensemble, de la compétition un numéro, un numéro qui ne présage pas du tout du statut de titulaire ou de remplaçant !

Au jeu des numéros… de ma mémoire très sélective rien sur le 30 !

Le 1 du gardien du temple, le numéro de Lev Yachine, le premier ballon d’or et celui de Sepp Maier, l’homme qui murmurait à l’oreille du ballon.

Le 5 du Real de Madrid porté par Distefano et Zinédine Zidane… J’ai aussi toujours eu un faible pour celui du « Kayser », Franz Beckenbauer.

Le 7 de Manchester United : Best, Robson, Cantona, Beckham, Ronaldo…

Le 8 d’Andrés Iniesta. Le 20 mai 2018, lors de son dernier match, avec Barcelone contre la Real Sociedad, il portait son numéro 8 mais à l’horizontale, couché… le symbole de l’infini, comme la variété de ses contrôles dans le sens du jeu, pour éliminer qui l’adversaire. Un but victorieux aussi en finale de Coupe du monde !

Le 13 de Gerd Muller. L’homme aux 14 buts en Coupe du monde, 10 en 1970 et 4 en 1974 dont le victorieux en finale.

Le 14 de Cruyff. Aucune équipe ne ressemble à celle de l’Ajax Amsterdam dans le début des années 70 c’est la seule équipe ou le titulaire joue avec le numéro 14. De retour de blessure en octobre 1970, son coéquipier Gerrie Mühren jouait avec le 9 depuis son absence, il s’est rabattu sur le 14… impossible de retrouver ce jour-là le 7 le seul numéro titulaire restant ! Un numéro 14 entré dans la légende avec l’équipe des Pays-Bas, notamment lors la Coupe du monde de 1974, ou Cruyff fera un grand numéro d’artiste.

Le 18 de Zlatan Ibrahimovic. Lors de son arrivée au PSG en 2012, le numéro 9 n’était pas libre… 6 mois plus tard il le sera pour le roi Zlatan !

Le 23 celui de Fabien Barthez lors de la finale de la Coupe du monde en 1998 pour son jeu au pied, ses relances longues à la main et son envolée au-dessus de tout le monde !

Le 69 Bixente Lizarazu : Celui de son retour au Bayern… son année de naissance et sa taille :1m69 ! Impossible de ne pas s’en souvenir quand il utilise cette métaphore au sujet de la finale de la coupe de la Ligue entre Paris S-G et Monaco du 31 mars 2018 : « la vidéo, c’est un peu comme le sexe sans la jouissance ! Au moment du feu d’artifice, on te dit stop. C’est ce que j’ai ressenti au stade »,

Il va vraiment falloir s’habituer à voir Lionel Messi flocké du numéro 30, attendre un peu avant de voir entrer ce numéro dans la légende… Changer de numéro Zidane l’a fait lors de son passage de La Juve au Real en 2001… il avait remporté, un an plus tard, la C1 avec une volée stratosphérique en finale, tout ce que l’on peut souhaiter à Messi et aux fans du PSG.

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