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L’automatisation du hors-jeu pour le mondial 2022 au Qatar.

Arsène WENGER Pour la VAR & Pour l’arbitrage électronique.

L’annonce d’une innovation pour la Coupe du monde 2022 au Qatar, d’Arsène Wenger, le directeur du développement du football mondial à la FIFA fait le buzz. Sa déclaration a été faite 12 octobre 2021 dans le cadre de la préparation des Journées de l’arbitrage La Poste qui se dérouleront cette année du 20 au 31 octobre 2021. L’événement célèbre son 20e anniversaire en s’offrant comme parrain Arsène Wenger.

Il est possible de retrouver des brides de sa déclaration dans L’Équipe du 13 octobre 2021 (page 6) l’encart à comme titre Vers le Hors-jeu automatisé au Qatar :

« Il y a de fortes chances que le hors-jeu soit automatisé en 2022 ».
« Le hors-jeu électronique se baserai sur un système similaire à celui du goal-line technology ».
« Ça marche déjà, mais Je suis tenu au secret ».
« Ça sera la prochaine des grandes évolutions de l’arbitrage.”
« Il y a de fortes chances » que cette technologie soit mise en place dès la prochaine Coupe du monde au Qatar.
« À l’instant T, en direct, il y aura une décision transmise au juge de touche ».
« Le système serait capable de détecter la passe et de situer instantanément la position du joueur visé. Basée sur l’intelligence artificielle, cette technologie permettrait aux arbitres de prendre immédiatement leur décision. Sans attendre plus d’une minute ».
L’Équipe du 13 octobre 2021, page 6.

Les déclarations d’Arsène Wenger lors de son parrainage des journées de l’arbitrage, concernant l’automatisation de la VAR laisse perplexe.

Il est possible d’analyser point par point ces propos… et de lire entre les lignes.

Il y a bien une évolution voulue par la FIFA et des mesures adoptée par le Board. Aux preuves vidéo à posteriori adopté en 1995 à succéder la Goal-Line technologies en 2012 puis la VAR expérimenté en 2016 et légalisée en 2018.

Comme prévu, par Michel Platini le football a mis la main dans l’engrenage et continue de s’y engouffrer.

Plutôt qu’une évolution, il serait plus opportun de parler d’accélération, non surprenante, de l’aide à l’arbitrage. Une évolution qu’il ne faut pas confondre avec une avancée, comme c’est le plus souvent annoncé. En effet pour l’observateur critique difficile de considérer que les évolutions ont constitué une véritable avancée. En 2019, lors de la Coupe du monde féminine, la VAR fut considérée comme « le point noir » de la compétition. Alors que dire du fiasco de la VAR en finale de la ligue des nations en octobre 2021 ? En 15 minutes, jusqu’à la fin du match personne n’a réussi à démontrer au téléspectateur que Mbappé n’était pas hors-jeu ! Ce fiasco, cette illusion de justice sportive, a été accueilli comme un véritable scandale dans la presse sportive espagnole !

Cette nouvelle évolution, ou ce nouvel emballement au sujet de la VAR, est présentée comme une technologie identique à la goal-line technology. Cette remarque suggère une utilisation technologique automatique et immédiate, en une seconde concernant la goal-line technology.

Première surprise.  Ce nouvel outil fait référence, s’appuie sur l’intelligence artificielle ! Ce que le VAR et son assistant, l’AVAR, les deux opérateurs, cachés dans le centre de contrôle, n’arrivent pas toujours à faire de manière efficiente, une machine va y parvenir instantanément !

Seconde surprise… bizarrement la notion d’instantanéité semble très floue et très large. En effet cette machine qui va informer et prévenir l’arbitre assistant à l’instant T, en direct…  va en fait résoudre la quadrature du cercle en moins d’une minute ! Le concept « d’instantanéité » est totalement erroné !

Troisième surprise… la FIFA par la voie de son représentant au board continue de faire des promesses et c’est inquiétant ! La promesse des 40 secondes de 2012 avec une VAR qui rend son verdict en 40 secondes n’était qu’une douce illusion. Pour mémoire le premier penalty de la coupe du monde 2018, en faveur des Français s’est soldé par une décision prise en deux 240 secondes… avec un VAR et trois AVAR ! Cette promesse des 40 secondes se transforme avec l’usage d’un nouvel outil en promesse des 60 secondes… Ce temps mort s’allonge donc, ce qui est totalement en contradiction avec l’ambition affichée de la FIFA de redynamiser le football ! Mais il faut être inquiet, avec une coupure de plus d’une minute, ce temps de VAR, peut logiquement se transforme progressivement, en une plage publicitaire. Dès février 2017, Philippe le Floc’h, le directeur commercial de la FIFA, affirmait que des négociations avaient déjà eu lieu avec des marques pour éventuellement sponsoriser des séquences pendant l’utilisation de l’assistance vidéo.

Quatrième surprise… c’est un secret. Un genre de secret particulier annoncé en conférence de presse ! « Je suis tenu au secret » mais je vous dis tout… cela ressemble a l‘analyse de Coluche sur les discours politiques ! « Écoute, j’te dis rien, le mieux, c’est qu’tu lui répète, mais tu lui dis pas qu’c’est moi qui t’l’as di surtout ! ».

Cette formule est inquiétante, en général le board accorde une phase d’expérimentation de trois ans, déjà réduit bizarrement à deux ans pour la VAR. Un secret ?  Pour mettre en place, un outil technologique, qui se doit être performant, ce dernier répond en général à un appel d’offres et un protocole détaillé. Pour mémoire celui de la goal-line technology comprenait 80 pages. L’annonce est aussi surprenante, que celle de Infantino qui expliquait déjà en 2016 qu’il y aurait la VAR à la coupe du monde 2018.

Cinquième surprise, qui n’en ai déjà plus une. Dans son communiqué, Arsène Wenger précise qu’il y aura une VAR automatisée au Qatar en 2022. Pour mémoire Arsène Wenger est membre de la FIFA, représentant au board. Une telle déclaration inquiète sur la dépendance du board. Les modifications concernant les lois du jeu ou leurs interprétations sont votées et parfois adoptée lors de l’assemblée générale annuelle au mois de mars. Si on lit entre les lignes, en mars 2022 le board, va adopter ce nouveau dispositif, et dans la foulée la FIFA va annoncer que cet outil sera bien présent à la coupe du monde 2022 au Qatar.

Sixième surprise… ce nouvel outil marche déjà ! Cet argument de la magie technologique avait été servi avant le fiasco de la goal-line technology en France en 2017 (13 erreurs et rupture du contrat avec GoalControl) et avant la VAR. Le discours est rodé, ça marche et on a 99% de bonnes décisions arbitrales avec le VAR ! Mais ça n’a pas marché lors de la finale de la Coupe des nations et il y a des problèmes tous les week-ends.

Pour résumé, ce n’est pas un secret, ce n’est pas instantané, ça va marcher… un jour, et la promesse des 60 secondes n’est qu’une nouvelle douce illusion.

J’ai beaucoup de respect pour Arsène Wenger… Reste à souhaiter qu’il ne fasse pas de cet arbitrage automatique un combat personnel… Il vient d’ailleurs de préciser le 12 octobre qu’il ne fait pas un combat personnel de la Coupe du monde tous les deux ans. Un dossier et un nouveau calendrier qu’il semblait pourtant porter comme un vrai porte-parole de la FIFA

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